Principal message de cette assemblée générale : le tunnel Lyon–Turin avance, mais que l’enjeu se déplace désormais très clairement vers les accès ferroviaires français et le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL).
Sur le tunnel transfrontalier, Daniel Bursaux, président de TELT, a annoncé que le chantier avait atteint environ 30 % de réalisation et que le cap des 50 km de galeries creusées, sur 164 km au total, était proche. Une mise en service est programmée pour 2033.
Mais les échanges ont surtout porté sur les accès français au tunnel. Le tunnel seul ne suffit pas : pour constituer un véritable corridor ferroviaire européen performant, il faut réaliser les infrastructures permettant de relier efficacement Lyon/Saint-Exupéry à Saint-Jean-de-Maurienne, ainsi que le CFAL. À ce stade, le calendrier et le financement de ces infrastructures restent les principaux points d'incertitude.
L'enjeu est particulièrement important pour le fret et le report modal. Les acteurs du projet avancent qu'environ 1 million des 3 millions de poids lourds franchissant chaque année la frontière franco-italienne pourraient à terme être transférés de la route vers le rail, avec un potentiel annoncé d'environ 1 million de tonnes de CO₂ évitées.
Autre annonce importante : la Métropole de Lyon souhaite réintégrer le Comité pour la Transalpine, qu'elle avait quitté en 2022. Véronique Sarselli a annoncé qu'une délibération en ce sens serait présentée au Conseil métropolitain le 28 septembre 2026. La Métropole souhaite notamment se mobiliser sur les accès français et leur financement.
La première phase des accès français, articulée avec la partie nord du CFAL, est estimée à environ 7,2 milliards d'euros selon la Métropole. Celle-ci indique que l'Union européenne pourrait en financer jusqu'à 50 % et considère que les prochaines années seront déterminantes pour sécuriser les financements de l'État et de l'Europe.
Enfin, le caractère européen du Lyon–Turin a été réaffirmé. Mathieu Grosch, coordinateur européen du corridor méditerranéen RTE-T, a rappelé le rôle de cette liaison dans le corridor ferroviaire méditerranéen, tandis que les représentants franco-italiens ont réaffirmé le soutien des deux États au projet.



